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Le coeur d'Amandine ( partie 1)

Publié le 18 Avril 2013 par Malise Matnik' in Roman

Le coeur d'Amandine ( partie 1)

Le leitmotiv qui sort de la bouche de tout un chacun à l'heure actuelle est : "Le monde va mal". Si le monde va mal, tout va mal. Le moral est à zéro, on a l'impression d'avancer à reculons, on a plutôt l'impression que le paysage recule et que vous l'observer impuissant. Même le climat est bouleversé. On ne peut plus se fier aux saisons, on ne peut plus se fier aux signes qui annoncent le printemps, l'hiver ou l'été.

Tel était l'état d'esprit d'Amandine quand elle posait le pied gauche sur sa descende de lit, en ce premier matin d'avril.

Les cheveux blond platines en bataille, la mine défaite, les valises trop lourdes sous les yeux, elle se levait péniblement, toujours en mode sommeil.

Son corps reproduisait des automatismes, des gestes inconscients, comme conditionnés, qui la menèrent directement devant sa cafetière programmable. Elle essayait de défroisser son visage de sa main droite, tout en se versant une copieuse tasse de café noir. Elle ne prenait pas le temps de s’asseoir et s'en retournait directement dans sa chambre, pour se préparer. Son esprit devenait de plus en plus clair, grâce à ces quelques gorgées de l'arabica qui lui veloutaient généreusement sa langue et son palais.

Après une douche rapide, et un habillage éclair, Amandine qui préparait toujours ses affaires la veille, se retrouvait dans sa voiture, écoutant les informations sur une station qu'elle ne changeait jamais. Elle savait qu'elle était dans les temps, connaissait les dernières infos, et arriverait au bureau à l'heure. Un petit coup d’œil au rétroviseur central, toujours tourné vers elle pour s'apercevoir, qu'elle était jolie. Elle prenait son crayon noir dans son sac à main, plus exactement dans son fourre-tout et soulignait délicatement ses beaux yeux noisette, avant de relever la courbe de ses longs cils avec un rimmel bleu électrique qui tranchait avec son jean bleu et sa chemise blanche. Elle avait opté pour des ballerines noires aux talons moyens. Elle sourit légèrement pensant à cette manie bizarre qu'avaient les femmes de se maquiller dans leur voiture.

Il lui fallait moins d'une demi-heure pour arriver à son bureau. A cette heure si matinale, les automobilistes n'étaient pas assez nombreux pour créer des embouteillages.

Elle était en général, la première arrivée. Cela lui permettait d'aller s’asseoir sur la terrasse de la petite pâtisserie juxtaposant le bâtiment, de prendre un cappuccino et un croissant et de lire et communiquer sur tweeter avec ses amis. Elle aimait le système de titre des différents journaux d'infos. Elle choisissait ce qui l'intéressait et rien d'autre.

Il n'y avait que deux personnes étaient déjà assises, pratiquant le même rituel. Deux femmes. Elle sourit, pensant que le monde avait bien changé. Loin était l'époque où seuls les hommes se retrouvaient autour d'un ballon de vin et d'une cigarette avant de commencer leur journée.

Amandine ne lisait pas vraiment le journal, elle parcourait les grands titres et s'arrêtait ça et là, usant de son don de la lecture rapide pour décortiquer les lignes qui l’intéressaient. Elle bénissait cette capacité naturelle tous les jours, qu'elle avait développés depuis l'âge de quatorze ans. Elle avait d'abord trouvé cela amusant, puis avantageux et enfin utile dans son métier de journaliste.

Elle saisit quelques mots pour souhaiter une bonne journée à tous ses amis et suiveurs, finissait ses dernières gouttes de cappuccino, attrapait son fourre-tout et allait se lever quand ses yeux se posèrent sur ce que son cerveau décrivait comme une apparition entourée d'un voile de mousseline. Le temps semblait soudain s'être figé. Elle sentait la chaise la retenir. Elle ne résistait pas et se laissait retomber doucement. Elle regrettait soudain, le choix du jean.

Elle observait cet homme d'environ un mètre-quatre-vingt-dix, aux cheveux d'un noir corbeau, parfaitement coiffé. Il avait les traits parfaits.

Elle revint à la réalité, se demandant pourquoi elle était soudainement attirée par cette personne qu'elle voyait pour la première fois. Elle baissa la tête et décida de s'éclipser de la terrasse sans regarder derrière elle.

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