Malcom Belley était dans son bureau comme à d’habitude.
C’était un homme qui s’était laissé aller avec l’âge. La cinquantaine ne va pas à tout le monde. L'âge ou peut-être tout simplement le temps, lui pesait lourdement sur les épaules et marquait cruellement son visage. Les fast food bien gras l'aidaient dans ce domaine. Il laissait négligemment trôner une touffe hirsute de cheveux poivre et sel sur le sommet de son crâne.
Cet état physique l'empêchait d'accomplir des missions extérieures. Il laissait le travail de terrain à son employé Jo Lamarque.
A croire qu’il y passait son temps. Enfin, si on ne le connaissait pas c’est ce que l’on aurait pensé, mais Amandine savait qu’il faisait ses enquêtes surtout le soir. Il privilégiait les enquêtes complexes ; tels que les affaires de fraudes, de vols d’informations ou de matériels dans les entreprises. Ses clients lui confiaient les clés de leur entreprise dans lequel il passait beaucoup de temps a étudier les dossiers. Mais pratiquement jamais les problèmes d'adultère.
l attendait Amandine, qui l'avait appelé la veille. Il avait eu l'occasion de l'aider dans bien des enquêtes qui avaient fait la une du journal. Son nom n'était jamais cité du moins pas en tant que telle. Amandine l'appelait "Sa source", et il s'en contentait. C'était d'ailleurs sa volonté de ne pas être cité.
Aujourd'hui, elle venait pour une affaire personnelle. Elle était troublée. Il la connaissait suffisamment pour savoir que le deux plis séparant ses arcades sourcilières, ne voulaient rien dire de bon. Même si secrètement, il pensait que çela la rendait encore plus sexy.
Il ne se leva pas pour la saluer. Son obésité rendait la tâche quasi titanesque. Amandine connaissait le problème, et ne lui en voulu point.
"Salut ma grande ! Comment vas tu?
- Bonjour Malcom ! ça va et toi ? lui lança t-elle sans conviction
- Comme tu vois ... dit-il en riant, noyé par les dossiers !
Ce n'était pas une figure de style. Il y avait des dossiers partout. Amandine s'était toujours demandé comment Malcom arrivait à se retrouver dans un tel capharnaüm. Malcom avait du mal à s'habituer au seul service de l'informatique. Il avait son ordinateur mais il continuait à privilégier le papier. En fait, cela depuis la grosse panne électrique qui avait provoqué un chaos sur la ville. Pas d'électricité, pas d'informatique, merci le papier.
Après avoir libéré un fauteuil de ses dossiers, Amandine pris place et expliqua à Malcom le motif de sa visite. Elle lui remit les photos en lui disant:
"Tu vois, c'est sûr que le fait d'être suivi est flippant, mais ce qui l'est encore plus, c'est que la personne qui me suit est suivie, et que celui qui le suit m'envoie ces photos soit disant parce qu'il me veut du bien."
Malcom se contenta d'un soupir. L'index gauche caressant son menton, les lunettes rondes en métal argenté, en équilibre sur le nez, il secouait la tête. Finalement il posa l'épreuve devant lui et acquiesça.
"Tu as raison, il y a là deux, voire trois problèmes. Qui est le gars sur la photo ? Pourquoi te suit-il ? Pourquoi lui est-il suivi ?
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